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Nouvelle
vie de la CME : vouloir, c’est pouvoir |
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L’objectif « administratif préalable » de suppression des 1.000 emplois qui a marqué, symboliquement, à la fois l’entrée en vigueur de la loi HPST et notre premier combat d’une CME « nouvelle ère », a été abandonné au profit de redéploiements préparés sous l’influence de la vision médicale. C’est là une des principales avancées de notre action.
Notre revendication que ces emplois « soignants » ne puissent pas être supprimés en dehors des marges de manœuvre dégagées par les restructurations « médicalement justifiées », pour construire l’AP-HP de demain, a prévalu sur cette méthodologie absurde. Ainsi la révision des effectifs des postes de Praticiens Hospitaliers 2010 a pu être menée à bien avec comme seul objectif la qualité des candidats et la pertinence des postes mis au recrutement. Nous avons ainsi pu maintenir au sein de notre institution des jeunes collègues qui garantiront l’avenir.
La partie du projet médical du Plan stratégique 2010-2014, consacrée aux principes d’organisation de l’offre de soins de l’AP-HP, en adéquation avec les besoins de santé publique, a pu être élaborée conjointement et avec l’accord de la CME. Cette partie fait actuellement l’objet d’une relecture par les CCM : l’accord de la communauté médicale de chaque groupe hospitalier étant indispensable pour élaborer ce chapitre du projet médical du plan stratégique.
Les restructurations pour moderniser l’offre de soins et pour préserver les emplois soignants, là où la demande de soins le nécessite, doit se poursuivre avec pour seul objectif une « AP 2020 » adaptée aux progrès de la médecine, à l’évolution des métiers soignants et à la demande de soins en constante évolution.
On assiste aujourd’hui à une course de vitesse entre la réalisation des restructurations qui permettent de moderniser l’offre de soins de l’assistance publique et les contraintes économiques : si les contraintes budgétaires prennent le pas sur les restructurations, nos réserves d’investissement seront rapidement épuisées. Nous serons alors dans l’impossibilité de moderniser notre offre de soin.
La réduction des dépenses publiques, qui va inéluctablement concerner les dépenses de santé nous impose de rester vigilants et inventifs pour maintenir la qualité des soins de l’enseignement et la recherche de l’AP-HP.
Face à la problématique récurrente posée par les contraintes économiques des EPRD, l’unité de la communauté médicale est essentielle. Nous devons rester « incontournables » pour toute décision concernant l’organisation médicale (structure hospitalière, révision des effectifs hospitaliers…). C’est à la CME de valider la pertinence médicale des restructurations.
L’unité de la communauté médicale et les succès au plan clinique ou scientifique des restructurations qu’elle mènera à bien, lui donneront une légitimité pour réclamer aux Pouvoirs Publics les investissements indispensables à sa modernisation. Au moment où le Conseil de surveillance se met en place, la communauté médicale doit paraître unie et légitime dans ses exigences.
Nous avons au cours de l’année 2010 gardé la main sur l’organisation médicale de l’institution en faisant prévaloir notre vision. Le rôle incontournable de la CME dans les décisions médicales de l’institution et sa méthodologie de fonctionnement a créé une jurisprudence qui permettra à la communauté médicale de l’APHP de rester maître de son destin. Nous devons donc continuer à montrer que dans le cadre de l’application pleine de la loi HPST, la communauté médicale reste le moteur essentiel de la rénovation de l’institution, et le meilleur garant de sa place de premier CHU Européen.
Poursuivre notre démarche de restructuration et maintenir toute sa place à la pensée médicale dans les décisions de l’institution, doit demeurer notre objectif pour les mois à venir.
Pierre CORIAT
